Explications des termes et des phénomènes météorologiques décrits par les bulletins METAR

Les bulletins d’informations météo de type METAR décrivent essentiellement les observations des phénomènes météorologiques significatifs pour la navigation aérienne. Les descriptions ci-dessous indiquent le nom du phénomène (par ex. Bruine) ainsi que son code dans le METAR (par ex. DZ). Ensuite nous reprenons la description que Météo France en fait.

1. Bruine (DZ)

Précipitation assez uniforme caractérisée par de très fines gouttes d’eau, d’un diamètre inférieur à 0,5 mm. Sur l’eau, le point d’impact des gouttelettes de bruine est imperceptible, mais une bruine continue peut produire un écoulement sur les toits et les pistes. La visibilité est inversement proportionnelle à l’intensité de la précipitation et au nombre de gouttelettes. À une bruine légère correspond un écoulement négligeable sur les toits ; à une bruine forte, une intensité supérieure à 0,5 millimètre par heure.

2. Pluie (RA)

Précipitation de gouttelettes d’eau liquide d’un diamètre appréciable (supérieur à 0,5 mm). Les gouttes de pluie se forment dans des nuages d’assez grande extension verticale, dans lesquels les mouvements verticaux peuvent porter des gouttelettes d’eau relativement grosses. Plus la pluie est forte, plus l’extension verticale des nuages qui la produisent est grande. Des pluies intermittentes d’intensité modérée à forte indiquent la présence de cellules nuageuses caractérisées par des courants ascendants localement forts.

3. Neige (SN)

Précipitation de cristaux de glace, isolés ou soudés, qui tombent d’un nuage. À très basse température, les flocons de neige sont petits et d’une structure simple. Près du point de fusion, les flocons peuvent se composer d’un grand nombre de cristaux de glace (la plupart étoiles) et atteindre un diamètre supérieur à 25 mm.

4. Neige en grains (SG)

Précipitation, équivalant à la bruine, de petites particules de glace blanche et opaque qui tombent de nuages stratiformes et qui sont relativement plates ou allongées ; leur diamètre est en général inférieur à 1 mm.

5. Cristaux de glace (poudrin de glace) (IC)

Minuscules cristaux de glace en suspension qui se forment normalement à des températures inférieures à -10 °C, qui tombent par ciel clair et que l’on associe habituellement à un temps calme. À la lumière du soleil, les cristaux de glace peuvent émettre un vif scintillement et produisent souvent un halo. La visibilité, qui peut varier suivant la direction, est normalement supérieure à 1km.

6. Granules de glace (PL)

Précipitation de particules de glace transparente, qu’il est difficile d’écraser et dont le diamètre est inférieur ou égal à 5 mm. Ces particules se forment à partir de gouttes de pluie ou de flocons de neige presque entièrement fondus, ce qui peut indiquer la présence de pluie se congelant à des niveaux plus élevés et donc le risque de givrage intense après le décollage ou durant la phase de descente et d’atterrissage. Les granules de glace peuvent se produire avant, pendant ou après une précipitation verglaçante.

7. Grêle (GR)

Précipitation de particules de glace (grêlons), soit transparents, soit partiellement ou complètement opaques, dont le diamètre varie généralement entre 5 et 50 mm. On a déjà observé de très gros grêlons pesant plus d’un kilogramme.

8. Grésil et/ou neige roulée (GS)

L’abréviation GS permet de signaler deux types de précipitation :

a) Grésil

Précipitation de particules de glace translucide dont le diamètre peut atteindre 5 mm. Quand elles tombent sur un sol dur, ces particules rebondissent en produisant un son audible. Le grésil est formé de neige roulée entièrement ou partiellement recouverte d’une couche de glace et constitue une étape intermédiaire entre la neige roulée et la grêle.

b) Neige roulée

Précipitation de particules arrondies de glace blanche et opaque, dont le diamètre varie normalement entre 2 et 5 mm. La neige roulée tombe souvent avec la neige à une température proche de 0 °C, elle est craquante, facilement écrasée et rebondit sur les surfaces dures.

Remarque s’appliquant aux termes 7 et 8 :

Les grands Cumulonimbus sont les principaux producteurs de grêle dans l’atmosphère. En effet, seul un nuage de grande extension verticale caractérisé par de très forts courants ascendants peut porter ces morceaux de glace suffisamment longtemps pour leur permettre de grossir.

9. Brume (BR)

Suspension dans l’atmosphère de microscopiques gouttelettes d’eau ou de particules hygroscopiques humides, réduisant la visibilité horizontale entre 1 000 et 5 000 mètres. L’humidité relative est supérieure à 95 pour cent.

L’annexe 3 de l’OACI définie les conditions de transmissions du phénomène météorologique brume dans les messages d’observations aéronautiques.

Dans le METAR (SPECI), BR sera inclus dans le message lorsque l’observateur constate une réduction de la visibilité du à la présence de gouttelettes d’eau ou de cristaux de glace en suspension et lorsque la visibilité est d’au moins 1 000 m mais ne dépasse pas 5 000 m autrement dit 1 000 m ≤visibilité ≤5 000 m. (Du point de vue du codage dans CAOBS et compte tenu de la précision requise par le code METAR (SPECI), 1 000 m ≤visibilité codée <6 000 m).
Exemple : LUDO le 23 à 1500Z Visibilité réduite à 5 000 m par une averse de pluie forte…
METAR LUDO 231500Z 5000 +SHRA…
LUDO le 03 à 0900Z Visibilité réduite à 5 000 m par de la brume…
METAR LUDO 030900Z 5000 BR…

10. Brouillard (FG)

Suspension dans l’atmosphère de très petites gouttelettes d’eau (environ 10 microns en moyenne) ou de cristaux de glace, réduisant la visibilité horizontale à moins de 1 000 mètres.

11. Fumée (FU)

Suspension dans l’atmosphère de petites particules provenant de la combustion, réduisant la visibilité horizontale à 5 000 mètres ou moins. Il est à noter que l’on peut signaler de la fumée avec une visibilité horizontale inférieure à 1 000 mètres, à condition qu’il n’y ait pas de gouttelettes d’eau et que l’humidité relative ne dépasse pas 90 pour cent environ.

12. Cendres volcaniques (VA)

Poussières ou particules de dimension très variable, en suspension dans l’air, émises par des volcans en activité. Les petites particules pénètrent souvent dans la stratosphère où elles demeurent longtemps en suspension. Les particules les plus grosses demeurent dans la troposphère où elles peuvent être transportées par le vent vers diverses régions du globe. Les cendres volcaniques finissent par retomber à la surface, entraînées par la pesanteur et par le lessivage par la pluie. Les particules les plus grosses, ainsi que les plus petites une fois agglomérées, peuvent causer des dégâts considérables aux aéronefs, notamment aux moteurs.

13. Poussière généralisée (DU)

Réduction de la visibilité horizontale à 5 000 mètres ou moins, par la suspension dans l’air de petites particules de poussière soulevées du sol.

14. Sable (SA)

Réduction de la visibilité horizontale à 5 000 mètres ou moins, par la suspension dans l’air de petites particules de sable soulevées du sol.

15. Brume sèche (HZ)

Suspension dans l’atmosphère de particules sèches, extrêmement petites, invisibles à l’œil nu et suffisamment nombreuses pour donner à l’air un aspect opalescent et réduire la visibilité horizontale à 5 000 mètres ou moins.

16. Tourbillons de poussière/de sable (PO)

Colonne d’air tourbillonnant rapidement au-dessus d’un sol sec, formé de poussière ou de sable, et transportant des particules de poussière ou de sable et d’autres petits débris soulevés du sol. Ces tour-
billons ont un diamètre de quelques mètres. Suivant leur axe vertical, ils n’atteignent normalement pas plus de 200 à 300 pieds, mais, dans les déserts très chauds, peuvent s’élever jusqu’à 2 000 pieds.

17. Grain (SQ)

Accroissement soudain et très important de la vitesse du vent, en général d’une durée d’au moins une minute. Il diffère de la rafale par sa durée plus importante. L’accroissement soudain de la vitesse instantanée du vent est d’au moins 16 nœuds (32 km/h), par rapport au vent moyen initial, la vitesse du vent atteignant au moins 22 nœuds (44 km/h) durant au moins une minute. Les grains sont souvent associés aux puissants Cumulonimbus et à une activité convective violente ; les Cumulonimbus s’étendent horizontalement sur quelques kilomètres et verticalement sur plusieurs milliers de pieds.

18. Trombe (terrestre ou marine) (FC)

Phénomène qui consiste en un tourbillon de vent, souvent violent, dont la présence se manifeste par une colonne nuageuse ou un cône nuageux renversé en forme d’entonnoir, accolé à la base d’un
Cumulonimbus, ou plus rarement sous un Cumulus (elles sont dans ce cas de faible intensité), pouvant ne pas atteindre le sol. Le diamètre peut varier de quelques mètres à quelques centaines de mètres. À son stade de développement maximal, il s’agit d’une tornade ou d’une trombe d’eau ou marine, selon qu’elle se produit au-dessus du sol ou d’une surface d’eau. Aux tornades les plus violentes, on associe des vents pouvant atteindre jusqu’à environ 300 nœuds (600 km/h).

19. Tempête de sable (SS)

Ensemble de particules de sable puissamment soulevées du sol par un vent fort et turbulent. La partie antérieure d’une tempête de sable peut présenter l’aspect d’une gigantesque muraille. Plus la vitesse du vent et l’instabilité sont grandes, plus le sable sera soulevé à des hauteurs importantes.

20. Tempête de poussière (DS)

Ensemble de particules de poussière puissamment soulevées du sol par un vent fort et turbulent. On associe généralement les tempêtes de poussière à des conditions réunissant chaleur, sécheresse et vent, en particulier à l’avant de fronts froids actifs, parfois sans nuages. Les particules de poussière ont un diamètre type inférieur à 0,08 mm et peuvent donc être soulevées à des hauteurs beaucoup plus importantes que le sable.

21. Mince (MI)

Ce descripteur ne s’applique qu’au brouillard (FG), lorsque la visibilité horizontale observée est de 1 000 mètres ou plus, mais que, entre le sol et 2 mètres au-dessus du sol (le niveau de l’œil de l’observateur, par convention) se trouve une couche de brouillard réduisant la visibilité apparente à moins de 1000 mètres. Pour l’exploitation, MIFG peut correspondre à des conditions dans lesquelles les feux et marques de pistes seront cachés.

22. Bancs (BC)

Ce descripteur ne s’applique qu’au brouillard (FG) et indique que des bancs de brouillard couvrent l’aérodrome ça et là. Alors que la visibilité horizontale indiquée dans le message METAR ou SPECI est de 1000 mètres ou plus, l’observateur signale ainsi des bancs de brouillard réduisant par endroit la visibilité apparente à moins de 1 000 mètres.

23. Partiel (couvrant une partie de l’aérodrome) (PR)

Ce descripteur ne s’applique qu’au brouillard (FG) et indique qu’une grande partie de l’aérodrome est couverte par le brouillard alors que le reste est dégagé.

24. Chasse … basse (DR)

Ce descripteur indique que la poussière, le sable ou la neige a été soulevé(e) par le vent à une hauteur au-dessus du sol inférieure à 2 mètres (à savoir, par convention, le niveau de l’œil de l’observateur).

25. Chasse … élevée (BL)

Ce descripteur indique que la poussière, le sable ou la neige a été soulevé(e) par le vent à une hauteur au-dessus du sol supérieure à 2 mètres et donc que la visibilité horizontale a été réduite.

26. Averse(s) (SH)

Précipitation, souvent de courte durée et forte, tombant de nuages convectifs. Une averse est caractérisée par son début et sa fin brusques, et généralement par des variations fortes et rapides d’intensité.

27. Orage (TS)

Décharge(s) brusque(s) d’électricité atmosphérique se manifestant par une lueur brève et intense (éclair), et par un bruit sec ou un roulement sourd (tonnerre). Les orages sont associés aux nuages convectifs (Cumulonimbus) et sont, le plus souvent, accompagnés de précipitations. Dans les cellules les plus énergiques associées aux orages, les courants ascendants peuvent atteindre et dépasser 60 nœuds (120 km/h).
Il se produit aussi des courants descendants, plus particulièrement durant les derniers stades de développement, dont la vitesse est environ moitié moindre que celle des courants ascendants.

28. Se congelant (surfondu(e)) (FZ)

Ce descripteur ne s’applique qu’au brouillard (FG), à la bruine (DZ) ou à la pluie (RA), lorsque la température des gouttelettes est inférieure à 0 °C (eau surfondue). Au contact du sol ou d’un aéronef, les gouttes d’eau surfondue forment un mélange d’eau et de verglas. Le brouillard givrant peut déposer du givre.

29. Critères d’intensité des précipitations

i) Bruine faible : intensité < 0,1 mm/h
modérée : 0,1 ≤intensité < 0,5 mm/h
forte : intensité ≥0,5 mm/h

ii) Pluie faible : intensité < 2,5 mm/h
(y compris modérée : 2,5 ≤intensité < 10,0 mm/h
averses) forte : intensité ≥10,0 mm/h

iii) Neige faible : intensité < 1,0 mm/h (équivalent en eau)
(y compris modérée : 1,0 ≤intensité < 5,0 mm/h (équivalent en eau)
averses) forte : intensité ≥5,0 mm/h (équivalent en eau)